Sommaire
La réussite de vos plantations commence par un bon diagnostic de votre sol et de ce qui y pousse naturellement. Ne vous lancez pas dans vos plantations sans connaître un minimum de caractéristiques de votre sol et ainsi savoir si vous devez intervenir.
Qu’est-ce que le sol ?
La composition du sol désigne le mélange de matière organique, de minéraux, de gaz, d’eau et d’organismes vivants qui, ensemble, permettent la croissance des plantes. C’est un éco-système.

Composition type du sol et sous-sol
- La litière, en surface du sol est une accumulation de végétaux et d’excréments d’animaux. Elle est plus ou moins épaisse en fonction de la végétation présente et passée… et des ravinements
- La terre humifère (quand elle existe) sous la litière, est un mélange de terre et d’humus, issu la décomposition de la majeure partie de la litière. Cette strate est entretenue et modifiée par la décomposition de la matière organique, principalement par l’action combinée des animaux, des bactéries, des champignons du sol, des sécrétions racinaires et de l’eau au cours des siècles.
- La couche minérale, sous la terre humifère, est un sol caillouteux, issu de la dégradation chimique des minéraux primaires de la roche mère. Elle peut être plus ou moins riche, en fonctions du type de sol. L’humus y est de moins en moins présent, peu de biodiversité, présence de quelques racines.
- La roche mère ou sous sol. Située sous la couche minérale. La roche est dense ou composée de marnes dures ou de roches fracturées ou autres, avec quelques racines possibles.
Quel type de sol pour les végétaux méditerranéens ?
La plupart des végétaux méditerranéens résistant à la sécheresse estivale, pour ne pas dire presque tous, poussent naturellement dans les sols arides et drainants. Ils ont besoin pour développer leurs racines en profondeur d’une terre caillouteuse à très caillouteuse ou sableuse. Cela facilite aussi la pénétration de l’eau, de pluie (et des arrosages sur la première année). Cela a pour effet aussi de faire rentrer de l’air dans le sol favorisant la microfaune et le développement des racines
Donc vous avez compris que la réussite d’un jardin sans arrosage (aride) repose sur le bon drainage de la terre de votre jardin.

Comprendre le sol de votre jardin
1. Observer. Souvent, avant les constructions de maisons, les terrains sont restés en friche. Dans l’idéal, avant que les engins du chantier risquent de tout racler, une lecture de la végétation spontanée nous donne des indications sur votre sol. Les jardins sauvages aux alentours où poussent différentes variétés méditerranéennes, nous informent aussi. Les arbres dans l’environnement proche, leur état en fin de période estivale sèche, sont de bons indicateurs sur mon sol, sa profondeur et son humidité relative.
2. Déterminer la nature de mon sol. La nature des sols est très variable en climat méditerranéen. Dans le sud méridional de la France, nous avons une dominante de sols à pH basique ( calcaire), caillouteux, plus ou moins argileux composés de roches calcaires quelques fois de basalte, ou plus sableux proche de cours d’eaux, mais aussi des sols à ph acides avec comme roche du granit, du gré, du schiste et des sols sableux plus proches du littoral.
3. Analyser mon sol, bien le comprendre, définir son pH, sa texture, sa profondeur permet de prévoir les bons modelages et apports.
A – Quel est le pH ? Voici un test simple à réaliser avec du vinaigre blanc. Je mets dans un bol de la terre de mon jardin, je rajoute du vinaigre blanc, s’il y a réaction et production de « mousse » mon sol est calcaire.
B – Repérer les plantes bio-indicatrices. Les plantes vivaces, arbustes et arbres installés donnent des indications sur votre sol, sur son pH et sa fertilité voire également sa profondeur. Pour aller plus loin : Les plantes bio-indicatrices aux Editions Ulmer.
C – Connaitre les strates de votre sol. Pour connaitre la profondeur de la terre disponible et sa texture, je vous conseille de réaliser des trous à différents endroits dans votre jardin. L’utilisation d’un engin est bien utile si on veut avoir une bonne idée des strates et de la granulométrie, surtout si je veux planter des arbres ou grands arbustes. J’ai besoin de connaître la terre disponible et sa qualité sur une certaine profondeur. Bien sûr, l’étude de sol qui a été faite pour la construction de la maison ou le creusement de la piscine peut suffire pour donner ces indications sur un petit terrain. Mais sur une plus grande surface, le sol peut être très variable.
Que faire ?
A -Si votre sol est naturellement drainant, c’est vraiment déjà une très bonne base ! Pour les plantations en isolé, vous pouvez effectuer pour chaque plante des trous et utiliser de la terre très drainante (2/3 de terre 1/3 de sable), pour reboucher autour des mottes. Pour les plantations de couvres sols ou de massifs assez denses de vivaces, étaler sur la surface 12 à 15 cm de terre très drainante (2/3 de terre et 1 tiers de sable), pour plantez vos godets
B – Si votre sol est argileux, faites des apports de sable de rivière ou de petits graviers de pouzzolane. Ou bien encore apportez du sable de carrière calcaire si votre sol est acide. Jusqu’à 5 à 10 cm d’épaisseur à incorporer sur 40 à 60 cm de profondeur. Et lors des plantations, vous pouvez rajouter un peu de sable de rivière mélangé à votre terre autour des mottes.
C -Si votre sol est très argileux, cela risque d’être très limitant dans le choix des végétaux ayant besoin de développer leurs racines en profondeur. Le travail de drainage sera plus important et il nécessitera des moyens plus lourds. Dans tous les cas, si votre sol est très argileux, je vous déconseille les plantes qui nécessitent impérativement un sol très drainant pour pousser. Exemple, Câprier, Ciste Cotonneux, Œillet des Pyrénées, Origan de Syrie, etc.
Cas1–Si votre terrain très argileux et un peu pendu, cela facilitera les écoulements de l’eau de pluie mais il faudra quand même mettre en place des drains pour évacuer l’eau au point le plus bas. Et il faudra aussi drainer une bonne épaisseur avec un apport de 10 à 20 cm de sable de rivière ou gravier de pouzzolane, à mélanger à votre terre sur 40 à 60 cm de profondeur.
Cas2–Si votre terrain est très argileux et plat, l’opération de drainage est plus compliquée. Je vous conseille de créer des massifs en relief, pour faciliter le drainage dans les creux. Vous devez d’abord gérer les fonds de forme, c’est-à-dire modeler votre sol, créer des vallonnements, puis apporter les matériaux drainants à incorporer au sol. Ensuite, vous pouvez installer vos drains en partie basse de vos massifs, ces creux seront vos allées (vos passages). Prenez bien soin de diriger vos drains vers la partie du terrain où ils pourront s’écouler. Dans le cas où il n’y a pas de possibilité d’écoulement en partie plus basse, terrain en cuvette et que votre sol est un vrai marécage presque toute l’année. On peut créer un puits de collecte avec récupération de l’eau. En pompant on peut ainsi évacuer l’eau dans le réseau pluvial ou sur une partie plus basse ou en stocker une partie pour les mois les plus secs.


Cas 3–Si votre sol est très argileux mais bien pendu, par exemple dénivelé de 20% (20% = 20 cm de pente tous les mètres), l’idéal est d’arriver à créer des murets pour transformer la pente en série de replats horizontaux en y incorporant des matériaux drainants. Ce qui permettra d’avoir un sol ou l’eau pénétrera mieux et aussi se ressuyer plus rapidement. Au dessus des murets, on placera les végétaux de sol très sec, car ici le sol s’assèche rapidement, ce qui est primordial pour ce type de végétaux. Il est fortement recommandé d’empierrer l’arrière des murets en pierre sèche pour faciliter l’évacuation des eaux de ruissellement et également pour maintenir une bonne stabilité des ouvrages dans le temps. Nous sommes ici dans le cas d’un sol très argileux, et malgré la construction des murets, il sera nécessaire pour bien drainer, de mélanger à votre terre sur environ 50 cm de profondeur, du sable de rivière ou de la pouzzolane.


FAQ
Comment incorporez le sable de rivière ou gravier de pouzzolane ? Etalez sur votre terre l’épaisseur dont vous avez besoin, puis avec un engin soit vous sous-solez votre sol, soit avec une mini-pelle vous soulevez le sol en le reposant au même endroit. L’idée est de fracturer le sol en y faisant pénétrer de l’air et en y incorporant les matériaux drainants en évitant de trop retourner la terre pour ne pas mélanger les couches de fertilité. Ne pas enfouir la couche de surface qui est plus humifère, et pleine de vie microbienne et ne faites pas remonter les argiles de fond et gros cailloux.
Comment réhabiliter le sol autour de la maison, après construction ? Il faudra au minimum décompacter la zone de chantier car les allées et venues des engins, surtout en sol humide et argileux, auront tassé le sol en profondeur. Prévoir dans ces zones un décompactage de 60 à 80 cm de profondeur ou plus si besoin et en profiter à ce moment-là pour intégrer des matériaux drainants, et les attentes réseaux.
Comment améliorer la vie de mon sol ? On peut sur un sol caillouteux très drainant sans litière apparente, saupoudrer de la matière organique bien décomposée, compost mûr, après les plantations et avant le paillage, pour réactiver la vie microbienne.
Comment utiliser l’eau présente naturellement dans mon sous-sol (source souterraine, nappe phréatique) pour les végétaux ? Il est intéressant aussi de vérifier s’il y a sous ma terre des passages d’eau, (cours d’eaux souterrain), qui pourraient être accessibles en quelques années aux racines de certains végétaux. Il peut être dommageable pour un arbre ou grand arbuste résistant à la sècheresse ayant besoin d’aridité, d’être planter sur un endroit où il y a de l’eau en sous sol. Ces zones précieuses détectées, doivent être réservées aux arbres et grands arbustes qui demandent plus d’eau, par exemple : noyer, frêle méditerranéen, platane, certains figuiers et tilleuls, etc…
Quels sont les indices d’un sol argileux ? Il s’agit d’un sol lourd et collant dès qu’il est humide. L’eau peut parfois y stagner en surface. En été sa surface est dure et elle craquelle, montrant des fissures plus ou moins profondes.
Conclusion
Ce qui est possible de faire dans un petit jardin en termes d’améliorations du sol, peut-être démesuré pour des terrains plus grands.
Dans l’idéal, tant que possible, il est judicieux de choisir les végétaux en fonction de son sol naturel de façon à intervenir le moins possible. Il est recommandé de bien évaluer les travaux nécessaires pour rendre possible les plantations et le bon développement des végétaux de sol sec si les conditions au départ ne sont pas là.
Plus le sol sera drainant, naturellement ou travaillé, plus le choix dans la gamme de végétaux méditerranéens sera large. Il est important de bien vous diriger pour choisir les végétaux, vers des professionnels en capacité de vous fournir les besoins, conditions de croissance et origine des plantes (exemple : sol très drainant- sol argileux-neutre-calcaire-acide-sol profond- sol sableux…) Comme on prévoit de bonnes fondations pour construire une maison solide, on prépare son sol pour construire un jardin pérenne !
Dans le prochain article, découvrez une sélection de végétaux pour jardins secs….
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