Sommaire
Créer un jardin sec ne s’improvise pas. Les erreurs les plus fréquentes viennent souvent d’un manque d’anticipation, d’un mauvais choix de végétaux ou d’un entretien insuffisant durant les premières années.
1. Commencer à aménager son jardin, sans l’avoir conçu dans son ensemble
La conception de votre jardin : être impatient et vouloir planter rapidement de gros végétaux là où l’on décide que ce sont des priorités, sans avoir pensé l’ensemble du jardin. C’est un peu comme si, à la conception d’une maison, on pensait juste à une seule pièce sans penser à la connexion avec toutes les autres pièces. Un jardin doit être pensé dans son ensemble. Les haies, par exemple, seront imaginées bien sûr en fonction de ce que l’on souhaite cacher, mais surtout en fonction de l’ambiance de l’espace qui les sépare de la maison. Il en va de même pour les arbres. Ils doivent faire partie intégrante de l’ensemble, et non pas être plantés juste là, avec précipitation, sans avoir pensé ce qu’il y aura dessous, autour, ainsi que la taille adulte qu’auront un jour ces arbres. Un jardin réussi est obligatoirement un jardin qui a été bien pensé.


2. Se tromper dans le choix des plantes
Faire la liste de plantes que l’on aime sans tenir compte de notre sol, de la résistance à la sécheresse de la plante et de sa rusticité. Ces trois questions sont fondamentales. C’est vraiment les trois règles techniques de base pour établir le bon choix des végétaux qui pousseront bien dans votre espace. Et aussi ne pas connaître le développement des végétaux choisis ou leur exposition. Le plein soleil, la mi-ombre, l’ombre sont les autres critères qui vous font échouer ou réussir votre composition. Avec les végétaux, une fois plantés, c’est malheureusement deux ou trois ans, ou plus, après leur développement que l’on se rend compte des erreurs, et c’est du temps et de l’argent perdu pour un résultat peu satisfaisant par manque de connaissances.


3. Oublier la planification des travaux
Ne pas avoir du tout projeté la conception de votre jardin ou au moins la phase avant-projet simplifiée. C’est-à-dire penser les structures et les grosses masses de végétaux et l’ambiance par zone avant le début des travaux de votre maison ou sa rénovation. Pourquoi ? Car il est important, avant de faire les fouilles et de couler les fondations de la maison, de connaître les zones que l’on aura besoin de remblayer ainsi que toutes les attentes : eau, électricité, éclairage pour le jardin, que l’on pourra sortir au bon endroit de la maison dans des chambres de tirage (regards).
Et pour ceux qui pourront encore plus anticiper, si vous avez dans la surface de l’emprise de la maison et du chantier des arbres à enlever et à conserver dans le jardin, la transplantation réussie peut se faire entre fin novembre et fin mars avec une préparation un an avant au niveau des racines pour favoriser les radicelles, le maintien de la motte. Une taille d’équilibrage sera aussi nécessaire pour garantir votre reprise. Certains végétaux comme les oliviers ou les palmiers nécessitent moins de préparation, moins de précaution. Il peut être aussi opportun de délimiter une zone chantier maison pour limiter le tassement de la terre par les véhicules du chantier.
4. Négliger le phasage du chantier
Ne pas avoir établi clairement un planning de travaux, un phasage précis, un budget global en fonction de votre chantier et de vos possibilités, et de la chronologie logique pour les aménagements et constructions du jardin afin d’être prêts pour la meilleure époque pour les plantations.
Le phasage type d’un chantier de jardin
- Attentes dans fondations (pour passage tuyaux d’eau et gaines électriques), fonds de forme, terrassement
- Tranchées pour drainage, pour tuyaux d’eau, pour gaines câble électrique
- Pose robinets
- Préparation du sol : allègement de la terre…
- Constructions des structures : murets, terrasse, treille, limite sol (paillage/massif ou couvre-sols)…
- Travail du sol avant plantations
- Plantations
- Pose luminaires
- Paillages
5. Mal préparer le sol
Ne pas avoir étudié le sol, ne pas connaître son sol ! Il est important d’apprendre sa profondeur, sa teneur en argile, limon, matière organique, sable… sa granulométrie et sa densité (souple ou compact). Vous pouvez vous baser sur l’analyse du sol, si elle existe, qui aura été réalisée pour les fondations de votre maison. Pour la plupart des jardins, il sera nécessaire de faire des sondages plus éloignés de la maison car le sol n’est pas forcément régulier partout.
Ne pas avoir du tout préparé son sol avant les plantations. Votre sol doit avoir été décompacté et drainé si besoin. Si le décompactage a été réalisé quelques mois avant les plantations, il faudra passer avant celles-ci un petit coup de motobineuse ou de motoculteur pour décrouter sa surface. Le drainage de la terre peut se faire en intégrant au décompactage des petits graviers de pouzzolane ou du sable de rivière. On peut aussi canaliser avec des drains certaines zones du jardin amenées à recevoir beaucoup d’eau de pluie, la toiture ou le ruissellement du terrain voisin, ou parce que votre sol est vraiment très argileux.
Décompacter un sol trop détrempé créera de grosses mottes et l’on risque d’avoir une stabilisation du terrain qui prendra du temps, ainsi qu’une mauvaise répartition des matières drainantes. Pour bien travailler votre sol, il ne doit ni être trop sec, ni être trop mouillé. Évitez les mois de l’année froids et pluvieux. Préférez le printemps, où le sol se ressuie plus vite.
6. Acheter les plantes au mauvais endroit
Acheter ses plantes au mauvais endroit. Je vous conseille vivement de vous servir chez des pépiniéristes producteurs spécialisés ou ayant une large gamme de végétaux méditerranéens pour sol sec. Certains de ces producteurs proposent de petits conditionnements avec des pots anti-chignon, ce qui est vraiment parfait pour une bonne reprise à la plantation et un enracinement profond assez rapide pour une meilleure résistance au premier été. Cela permet aussi d’avoir des arrosages à gérer relativement espacés entre 14 et 21 jours suivant votre sol et l’intensité de la chaleur et de la sécheresse.
À l’inverse, des conditionnements de végétaux beaucoup plus grands vous éloignent du concept du jardin méditerranéen demandant peu d’eau, car vous serez obligé, pour avoir une bonne reprise, d’avoir des fréquences d’arrosage beaucoup plus resserrées, entre 7 et 14 jours. Et dans la plupart des cas, vous pouvez avoir aussi besoin les deuxième et troisième étés, d’un accompagnement. Dans ces cas, l’achat des végétaux est beaucoup plus onéreux, la quantité d’eau d’arrosage nettement supérieure, ce qui demande un suivi plus rapproché et beaucoup plus long dans le temps.
7. Planter trop tard ou trop tôt
Vouloir planter à tout prix juste avant l’été. Car vous serez obligé d’avoir tout l’été des fréquences d’arrosage assez proches, tous les 5 à 10 jours suivant votre sol, et une grosse partie des végétaux méditerranéens très résistants au sol sec n’apprécie pas trop les arrosages rapprochés, surtout si le sol est paillé. L’excès d’humidité à leurs pieds favorise des champignons et le pourrissement. Les pertes sont plus importantes. La meilleure époque pour planter, c’est mi-septembre, quand les journées sont moins chaudes et plus courtes et que les premières pluies se font sentir. Dans ce cas, la plante aura le temps de développer un bon système racinaire avant le premier été qu’elle aura à traverser.
8. Enterrer le collet au moment des plantations
Trop enterrer le collet des plantes est souvent une des causes de mortalité de celles-ci. Le collet est le point de jonction entre les racines et le système aérien. Il doit rester à l’air. S’il est trop enterré, cela peut provoquer le développement de champignons et faire pourrir la plante.

9. Mal gérer l’arrosage et ne pas contrôler la pluviométrie
Ne pas faire de cuvettes d’arrosage à la plantation. Il est très important de concentrer l’eau au-dessus du trou qui a été fait pour planter et de bien détremper le sol après la plantation, pour chasser l’air de la terre et permettre aux racines d’être rapidement en contact avec la terre. Cela permet le développement des radicelles et une bonne reprise de la plante. Arroser trop souvent et en petite quantité est une grave erreur : il faut arroser en profondeur pour toujours détremper la terre là où les racines ne sont pas encore arrivées. Cela a pour effet de tirer les racines toujours de plus en plus en profondeur. Les arrosages avec peu d’eau, rapprochés, font se développer les racines traçantes et rendent la plante dépendante de vos arrosages, et surtout très sensible aux grosses chaleurs en période sèche…
Ne pas arroser parce qu’il vient de pleuvoir et qu’on estime qu’il a assez plu, mais on n’a pas de pluviomètre qui permet de savoir combien il est tombé. Et donc jusqu’à quelle profondeur l’eau de pluie a mouillé la terre ? En moyenne, 40 mm d’eau de pluie mouillent 40 cm de terre en profondeur, dans un sol suffisamment drainant. Donc installez un pluviomètre !
10. Négliger le suivi des végétaux
Autour de l’entretien, une fois planté, ne plus s’occuper du tout des végétaux est une erreur ! Attention, les plantations d’automne suivies par les pluies nous libèrent des arrosages, mais pas des désherbages. Des herbes vont profiter de votre sol bien préparé pour pousser autour de vos végétaux. Il est donc important de bien désherber le pied de vos plantes pour ne pas avoir de concurrence de racines qui pourraient ralentir la croissance de vos plantes. Soyez vigilant surtout les premières années, tant que vos plantes ne sont pas bien développées.
Négliger la taille de vos jeunes végétaux. Tous vos végétaux ont été plantés avec une vision de volume, de forme, de ceux qu’ils seront adultes dans votre composition. Il est donc important de tailler plus ou moins certains végétaux, ne serait-ce que pour qu’ils se ramifient davantage à leur base, ou au contraire enlever les pousses qui sortent à la base d’un arbre, ou encore maîtriser une plante pour en faire une forme de joli coussin ou boule.
Le suivi de vos végétaux, les désherbages, les tailles, l’arrosage permet de pouvoir les observer régulièrement et de s’apercevoir si vos plantes se portent bien, si elles n’ont pas besoin d’un soin particulier. Et quel plaisir de voir ces plantes pousser, s’installer, créer une ambiance, nourrir toute une faune, rythmer les saisons. Le jardin prend forme.


En conclusion
Ces dix erreurs ont toutes une origine commune : la précipitation et le manque d’anticipation. Prendre le temps de concevoir son projet dans son ensemble, d’étudier son sol, de choisir les bons végétaux chez les bons producteurs et de les accompagner durant leurs premières années, voilà ce qui fait la différence entre un jardin qui dépérit et un jardin qui s’épanouit. Pour aller plus loin dans votre démarche, découvrez mon guide complet pour créer son jardin méditerranéen sans arrosage, où je détaille la méthode pas à pas pour bâtir un jardin sec durable et autonome.
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