Guide pour créer son jardin méditerranéen sans arrosage

Sommaire

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut bien comprendre qu’un jardin, ça se réfléchit, ça se dessine, ça s’organise. Alors pas de précipitation si vous voulez vraiment réussir votre jardin. Pour avoir un beau jardin harmonieux en climat méditerranéen, il y a beaucoup de points à aborder, à comprendre avant de planter vos végétaux.

Dans ce guide, je vous partage mon expérience de quelques décennies et ma vision actuelle des jardins méditerranéens sans arrosage.

Le jardin méditerranéen sans arrosage, pour qui, pourquoi ?

Pour les amateurs de jardins qui vont dans le sens de la nature, mais pas que…
La plupart des personnes aujourd’hui ont envie d’une gestion facile du jardin, créer un jardin sec est une solution adaptée à la problématique du manque d’eau en période estivale.
Avoir un jardin avec des plantes autonomes et adaptées, un jardin économe en eau, permet d’être plus en harmonie avec la nature, de profiter pleinement de son jardin.

Le climat méditerranéen, la nature

1. Définition et caractéristiques du climat

Ici, nous allons parler de jardin en climat méditerranéen, en rouge sur la carte ci-dessous, qui peut avoir différents styles, créé avec des végétaux adaptés à ces conditions climatiques. Un climat plus ou moins froid en hiver, avec une période chaude à très chaude l’été, des pluies entre septembre et mai, plus ou moins abondantes, et une sécheresse estivale qui peut s’étaler sur deux, voire six mois.

Légende : Zones climatiques du monde (classification de Köppen), d’après historicair – Wikimédia Commons – licence CC BY‑SA 3.0.

2. Notre climat méditerranéen

Ces différences de conditions climatiques sont en fonction de là où nous nous trouverons, en Languedoc, en Roussillon, en Ardèche méridionale, en Provence, aux îles Baléares, au Liban, sur le littoral ou dans les terres, etc., et varient suivant les années plus ou moins chaudes et sèches.

Ces vingt dernières années nous montrent clairement un changement dans la régularité de ce climat avec, par moments, des pluies torrentielles qui ne profitent pas toujours à la végétation, des périodes de plus en plus longues de sécheresse avec de fortes chaleurs cumulées et du vent qui dessèche énormément la végétation.

Il est vraiment très important aujourd’hui, pour réussir son jardin, de s’adapter à ces conditions qui peuvent être vraiment extrêmes. Par exemple, dans les Pyrénées-Orientales, il y a eu trois années consécutives où les précipitations ont été vraiment rares. Ou encore en août 2016, lorsque le thermomètre a largement dépassé les 40 degrés ! Sans oublier, à l’extrême, les vagues de froid sérieuses comme en début février 2012, où nous avons subi une vague de froid avec des températures négatives de moins 10 degrés à moins 14 degrés pendant une semaine avec du vent.

Il est donc souhaitable de bien tenir compte de tous ces paramètres, du climat de sa région et du microclimat de son propre jardin, s’il est abrité du vent dominant, s’il est bien ensoleillé sur une pente sud, ou plein nord, peu ensoleillé en hiver et froid…

3. Les stratégies d’adaptation des végétaux à la sécheresse et à la chaleur du soleil

Certaines plantes poussent à la saison des pluies, fleurissent au printemps et disparaissent sous terre en été. C’est le cas de certains bulbes ou rhizomes tubéreux comme les scilles du Pérou, les asphodèles, les crocus d’automne…

D’autres, comme les alaternes, filaires, arbousiers, ont le dessus des feuilles très coriace, ce qui protège du soleil la partie inférieure de ces feuilles, où se trouvent les échanges gazeux, les stomates. Ces végétaux se reposent en période estivale et poussent à l’automne, l’hiver et au printemps.

Il y en a d’autres qui perdent des feuilles à la saison sèche pour limiter leur transpiration. Certaines ont leurs feuilles recouvertes de poils blancs qui les ombrent en réfléchissant la lumière, comme les cistes, les épiaires, les ballotes… Toute cette palette de nuances de feuillage argenté est si précieuse pour nos compositions de jardins du sud.

Sans oublier les plantes succulentes comme les sédums, les pourpiers vivaces, les agaves, les aloès… qui stockent l’eau. Toutes ces plantes se sont remarquablement adaptées au cours des siècles à leur sol et aux conditions climatiques de sécheresse, chaleur, vent, gel de leur milieu, quelquefois très hostile.

Cela nous offre une très grande richesse de couleurs et de formes de feuillage pour composer nos jardins méditerranéens. Cette large gamme de végétaux nous permet d’imaginer des jardins avec un minimum d’arrosage suivant les espèces choisies, la qualité du sol et l’exposition.

Dans la nature, dans nos garrigues, nos maquis, nos bois méditerranéens, les végétaux s’accommodent des périodes de sécheresse, de froid et du sol dans lequel ils poussent. Tous les végétaux ou presque ont été des graines qui ont germé le plus souvent avec les premières pluies d’automne. Ces jeunes plantules se sont dépêchées de développer une racine principale, pivot, pour être suffisamment ancrées en profondeur pour survivre à la première sécheresse estivale. Avant de passer ce premier été, elles développent très peu leur végétation pour limiter l’évaporation, juste quelques feuilles.

Développement racinaire des plantes méditerranéennes
Diversité des végétaux de jardins secs

La plupart des graines que cette végétation produit servent en grande partie à nourrir la faune, oiseaux, insectes, petits mammifères. Celles qui survivent et qui commencent à germer ne résisteront pas toutes à l’endroit où elles germent et au premier été. Mais là où les plus chanceuses s’installeront, le deuxième été, elles continueront d’allonger leurs racines en profondeur et d’émettre d’autres racines traçantes, plus étalées, qui serviront à récupérer de la nourriture en surface et l’humidité des petites pluies.

Je vous parle de tout cela pour que vous compreniez bien l’importance de l’enracinement pour la reprise et l’adaptation de la plante dans son milieu. Dans le jardin sans arrosage, on se rapprochera le plus possible des conditions de la nature. On va planter des végétaux petits avec un système racinaire bien développé, ce qui va permettre aux plantes de bien s’enraciner la première année pour ensuite être autonomes.

Et quel plaisir d’avoir un beau jardin méditerranéen avec des plantes sevrées des arrosages !

4. La diversité des végétaux méditerranéens

Il existe une très grande diversité de flore issue des climats méditerranéens de la planète, beaucoup plus qu’en climat tempéré. Tous ces végétaux ne se trouvent pas chez les pépiniéristes, mais on peut compter quand même sur quelques milliers d’espèces que l’on peut se procurer chez des producteurs spécialisés en végétaux méditerranéens pour jardin sec.

Entre les vivaces, les bulbes, les arbustes, les grimpantes, les arbres, cela nous permet d’avoir une belle palette de couleurs et de matière, ainsi qu’une infinité de formes et de volumes…

Grande palette de couleur
Phlomis – exemple de feuillage duveteux adapté à la sécheresse

5. Les sols

Dans le sud de la France et le pourtour de la Méditerranée, les sols sont majoritairement calcaires, et il faut savoir que les végétaux qui poussent en sol calcaire peuvent, pour la plupart, pousser en sol acide. Mais certains végétaux ne peuvent pousser qu’en sol acide, comme le ciste ladanifer, la lavande papillon…

Une grande partie de ces végétaux méditerranéens poussent dans des sols caillouteux, drainants. Il est important de bien connaître dans quel milieu naturel et conditions poussent les plantes que vous allez installer dans votre jardin, pour que votre sol leur permette de se développer correctement.

La conception de mon jardin

1. Principes généraux

Il est essentiel, pour réussir son jardin, de planter les bons végétaux au bon moment.

Avant ces plantations, vous devez avoir bien pensé tous les points, aussi bien au niveau technique que créatif.

Petit rappel très important : pas de précipitation. Prenez le temps de vraiment bien réfléchir votre jardin, car cela risque de vous désenchanter assez rapidement si les plantes sont mal choisies ou le sol mal préparé. Griller les étapes peut vous coûter de l’argent et vous faire vraiment perdre des saisons.

2. Alors, comment faire ?

Tout d’abord, ayez conscience que si votre connaissance des jardins, des plantes de sol sec est très limitée, votre palette sera pauvre et le résultat très insatisfaisant. Il en va de même pour l’architecture des jardins, les matériaux et leur utilisation, les constructions, les terrasses, les allées, les tonnelles. Alors… enrichissez vos connaissances !

La première étape est de connaître les plantes qui poussent autour de chez vous, dans la nature, mais aussi dans les jardins voisins peu entretenus, peu arrosés, où vous allez pouvoir découvrir des plantes résistantes. Puis, vous pouvez aussi visiter des jardins botaniques, des jardins privés, acheter des livres d’architecture paysagiste, assister à des conférences sur les jardins… Vous pouvez aussi vous rendre chez des pépiniéristes producteurs de plantes pour jardins secs. Notez ce qui vous plaît, les plantes que vous aimeriez faire pousser dans votre jardin, les associations que vous aimez, les matériaux, les couleurs, les textures… Donnez de la matière à vos rêves de jardin !

Pour découvrir des jardins à visiter, des livres de paysagistes : consultez mes recommandations.

3. Comprendre mon terrain

La deuxième étape est de bien comprendre votre terrain. Prenez le temps de bien observer l’ensoleillement de votre jardin aux différentes saisons et au cours des journées. Repérez les coins abrités ou ventés qu’il va falloir exploiter ou protéger un peu. J’observe bien l’environnement immédiat avec ses vues à masquer ou ses fenêtres à créer sur le paysage.

Profitez-en pour connaître la profondeur de votre terre et sa granulométrie, avec l’étude de sol réalisée pour les fondations de ma maison et, si besoin, suivant la taille de mon terrain, réalisez d’autres sondages plus éloignés de votre bâtisse. Tout ceci donnera des indications qui permettront de bien utiliser les végétaux au bon emplacement en fonction de leurs besoins et surtout de bien préparer mon sol. Observez, lors des pluies intenses, les ruissellements naturels pour mieux appréhender les écoulements d’eau afin de prévoir, si besoin, dans le projet, des pentes, du relief, des caniveaux, des drains…

4. Affiner mes envies et définir les espaces

Affinez vos envies, notez ce que vous attendez de votre jardin, ce que vous aimeriez y faire, y partager ou ne pas avoir à gérer… Vous avez envie d’avoir de l’ombrage pour installer du mobilier, vous envisagez pour cela des tonnelles avec des plantes grimpantes, des arbres…

Salon d’été convivial
Ouverture sur le paysage

Vous voudriez avoir plusieurs coins où vous poser, proche de la maison, mais aussi plus immergés, plus secrets dans le jardin. Imaginez un bon équilibre entre les espaces dégagés avec couvre-sol ou pelouses sèche naturelle, et des espaces plutôt touffus, mais pas trop. Visualisez les différentes densités de végétation et définissez ce qui vous correspond le plus.

Imaginez peut-être, suivant la pente de votre terrain, quelques murs en pierre ou créez de légers reliefs pour faciliter le drainage du sol, dans les creux prévoyez les passages. Vous aimeriez intégrer un petit bassin ou une fontaine, des pots décoratifs…

Vous pouvez vous inspirer en visitant les galeries de mon site.

Pensez aussi au côté pratique et fonctionnel : l’étendage, l’abri poubelle, la circulation des véhicules…

Définissez le style de jardin que vous aimeriez avoir : naturel (garrigue, maquis, pelouse fleurie…), romantique, contemporain, ou un peu plus exotique, ou…

Les différents espaces que vous pressentez : coin jeux, petit bosquet, verger, aire de retournement véhicule, terrasse à l’ombre, haie brise-vent, coin piscine, potager, etc., sans oublier les circulations principales et secondaires.

À ce stade, vous pouvez commencer à poser sur le plan de masse de votre jardin vos premières idées. Prenez soin de représenter sur le plan, le nord en haut et le sud en bas. Cela facilite grandement la compréhension des zones ensoleillées et des zones d’ombre, de se représenter l’éclairage du soleil.

Jardin méditerranéen de style naturel
Mur de soutènement en pierre sèche pour dénivelé important

5. Le choix des végétaux

Vous aurez, au cours de toutes ces découvertes de jardins, de ces temps de réflexion, noté les plantes que vous aimeriez adopter. Dans la mesure du possible, et surtout pour vous faciliter par la suite le travail d’association des végétaux et leur utilisation en fonction de leur volume adulte, prenez soin de classer les plantes par catégories : arbres, arbustes, arbrisseaux, vivaces, grimpantes.

Avant de sélectionner une plante, posez-vous toujours ces quatre questions

  • Va-t-elle résister à mes hivers ?
  • Va-t-elle arriver à traverser la sécheresse estivale de mon jardin ?
  • Va-t-elle apprécier mon sol ?
  • Ai-je bien appréhendé la taille, hauteur, largeur adulte que fera cette plante ?

Pour vous aider dans le choix de vos végétaux, certains pépiniéristes horticulteurs ont créé, sur leur site internet, des moteurs de recherche multicritères. Ce sont des outils très précieux pour choisir les végétaux qui pourront pousser chez vous.

Pépinière Filippi : www.jardin-sec.com.

Vous pouvez aussi trouver l’inspiration dans mes livres, avec un choix de plantes « valeur sûre » et des scènes de jardin avec des associations de végétaux : consultez mes livres.

6. Quelques recommandations

Ne choisissez pas d’arbre qui pourrait devenir trop grand si votre jardin est petit.

Attention aux végétaux qui se ressèment abondamment ou ceux qui drageonnent, car ils pourraient être une contrainte pour l’entretien. On peut se permettre d’utiliser des plantes sensibles au niveau du gel pour certaines vivaces ou arbrisseaux, car plus faciles à protéger qu’un arbre (mimosa, caroubier, bougainvillée…).

À côté de chaque végétal choisi, bien noter sur votre liste l’exposition qui lui convient avec un pictogramme (ombre, mi-ombre, soleil), la hauteur, la largeur, les mois et couleurs de floraison. Cela facilitera par la suite le travail de composition devant votre plan.

Il est toujours possible de prévoir certains végétaux déjà grands à la plantation, par exemple les arbres, certains végétaux de haies ou des végétaux en isolé pour donner de suite un peu de volume au jardin. Mais pensez qu’ils vous demanderont beaucoup plus de suivi d’arrosage, des fréquences plus rapprochées, des quantités d’eau plus importantes, pour une bonne reprise, ainsi que des années d’accompagnement d’arrosage pour être sevrés…

Pour les achats « plantes coup de cœur », et oui ça arrive ! Posez-vous bien quand même ces questions avant de les acheter (voir aussi « Le choix des végétaux ») :

  • Va-t-elle pousser dans mon sol ?
  • Quelle est sa résistance à la sécheresse ?
  • Quelle est sa résistance au froid ?
  • Quelle est la taille et le volume qu’elle atteindra à maturité, et l’exposition qu’elle aime ? (Sous-entendu, où vais-je la planter ?)

7. Je dessine mon jardin sur mon plan

Faites le plan de votre terrain en utilisant le plan de masse existant, au 1 centième ou au 1 cinquantième pour des terrains en dessous d’environ 300 m².

Sur ce plan doivent figurer la maison et tout l’existant : les réseaux (eau, électricité, gaz, téléphone), la fosse septique, la zone d’épandage, les courbes de niveau (en grisé pour ne pas perturber la composition) et les végétaux que vous souhaitez conserver.

Notez, dans la marge, les vues à masquer, à conserver ou à dégager, les dénivelés à traiter. Tracez, s’ils ne sont pas encore existants, les accès principaux. Intégrez les nouvelles structures avec leurs accès.

Sur le terrain, vérifiez que les éléments tracés sur le plan dans l’étape précédente fonctionnent bien. Pour cela, placez des repères au sol comme les tuyaux d’arrosage (ou traceurs de sols) pour les allées et chemins. Utilisez des gabarits en ficelle sur des piquets pour les structures.

L’organisation générale du jardin s’affine. Plusieurs espaces se distinguent : l’entrée, le coin piscine, les espaces repos (lecture, sieste, contemplation…), le coin jeux pour les enfants, l’espace nourricier.

Imaginez les volumes des végétaux dont vous avez besoin ou envie. Consultez la liste de végétaux que vous avez déjà constituée. Choisissez et notez le nom des espèces dans la marge du plan et pour chaque espace.

Floraison d’été pour coin piscine
Esprit Sud – Cyprès Totem et Oliviers

Voici quelques règles à respecter pour associer les végétaux, hormis leur taille et leur volume : évitez les floraisons avec des couleurs trop contrastées, préférez les harmonies. Vous pouvez jouer avec le contraste des feuillages et les formes.

Prévoyez l’équilibre qui vous convient entre les feuillages persistants et caducs. Ces derniers ont souvent une floraison plus généreuse et un feuillage automnal intéressant qui rythme bien les saisons. Les feuillages persistants sont très importants pour garder une belle structure hivernale, pour protéger et nourrir la faune et avoir un jardin plus intime.

Petit à petit, votre jardin se dessine. Travaillez sur le plan, vous allez pouvoir intégrer les végétaux, les représenter au crayon à papier par des cercles qui correspondent à leur volume adulte, avec leur code de référence.

Commencez toujours par dessiner les grands végétaux, des plus grands aux plus petits. Commencez par les arbres, les grands arbustes, les haies, les arbrisseaux… jusqu’aux vivaces couvre-sol.

L’aménagement de mon jardin, planifier mes travaux

1. Le terrassement

Évitez de travailler sur un sol trop détrempé.

Modelez votre terrain pour un bon écoulement des eaux de pluie. Vous pouvez aussi, suivant les dénivelés, prévoir de créer des murets ou talus. Si votre sol est très argileux et plat, vous pouvez imaginer des reliefs pour les massifs et prévoir, dans les creux, les drainages de l’eau et les passages.

Le terrassement, c’est dans un premier temps gérer les fonds de forme, c’est-à-dire se rapprocher du niveau du sol final souhaité, moins les épaisseurs d’apport de matière drainante ainsi que les épaisseurs de paillage ou terrasse à venir.

Bien décompacter le sol sur 50 à 60 cm de profondeur en y incorporant, si besoin, une matière drainante comme du sable de rivière ou de la pouzzolane en granulométrie 3/6.

Extirpez de la terre les souches et racines de végétaux morts.

Prévoyez d’incorporer, dans des tranchées, les attentes électriques (prises, éclairages, fontaines…) ainsi que celles pour l’arrosage (robinets…), ou pour la future piscine. Profitez d’un engin pour disposer éventuellement des rochers décoratifs ou stocker dans le jardin des matériaux lourds, car l’accès plus tard sera peut-être plus compliqué.

2. Les constructions

Si vous avez fait des gros remblais ou des tranchées profondes, attendez que votre sol se soit bien stabilisé…

Installez vos claustras, murs bois en limites de propriété, et réalisez vos murets, enrochements, allées… Posez vos limites entre différentes matières, plantes couvre-sol et paillages. Montez vos tonnelles ou prévoyez simplement leurs plots de scellement.

Après votre terrassement et pendant les constructions de vos structures, bien avant vos plantations, faites en sorte de bien extirper, au fur et à mesure, de votre terre les racines d’herbes vivaces (chiendents, liseron…) et prenez soin de ne pas laisser les herbes folles se ressemer…

Les limites en métal pour séparer couvre-sol et paillage minéral
Terrassement et placement de blocs décoratifs

3. Les plantations mi-septembre

Attention, les pépiniéristes sont souvent en rupture de stock sur certaines variétés dès la fin de l’été. Alors pensez à bien commander et réserver vos végétaux dès la mi-août pour vos plantations de mi-septembre, et même si vous prévoyez de planter seulement fin octobre.

Soit après une bonne pluie, quand votre sol sera bien ressuyé, soit après un arrosage si votre sol est sec, donc naturellement croûté, travaillez sa surface et procédez à un nivellement manuel.

Étalez un peu de matière organique type compost ou or brun sur votre sol pour amener un peu plus de vie. Évitez d’en mettre là où il y aura les plantes comme les lavandins, les thyms, les romarins… Forcez en nourriture là où il y aura les végétaux un peu plus gourmands, rosiers, fruitiers…

Disposez les végétaux sur le terrain comme prévu sur le plan et commencez à planter.

Faites une bonne cuvette d’arrosage autour de chaque plante et arrosez par zone en prenant soin de ne pas oublier de plantes, car mi-septembre il peut faire encore très chaud et sec et cet oubli serait fatal.

S’il ne pleut pas, prévoyez d’arroser une semaine après, puis toutes les deux semaines jusqu’aux vraies pluies (plus de 15 mm) d’automne qui prendront le relais.

Si vous avez prévu d’installer des couvre-sol comme du phylla nodiflora, de l’achillée, de la potentille, en remplacement de gazon, attendez un peu. Profitez de l’hiver pour racler ou biner régulièrement les adventices qui germent pour purger de votre sol un maximum de graines. Cela facilitera grandement le désherbage fastidieux entre vos petits plants de couvre-sol que vous aurez plantés en fin d’hiver.

Et en plus, au démarrage du printemps, vos couvre-sol vont rapidement s’étaler et laisseront moins la place aux herbes restantes.

4. Les paillages

Dans la nature, à part les zones ravinées et les déserts, le sol est toujours recouvert soit par du végétal comme des plantes couvre-sol, des feuilles, des écorces, des aiguilles de pin, soit par du minéral comme des cailloux, des rochers, du gravier, des dalles de pierre.

Dans les jardins, l’idée est aussi de recouvrir le sol, de protéger notre terre des ravinements, du dessèchement et de pouvoir garder une certaine humidité favorable à la microfaune, aux bactéries, aux champignons, à la vie et aux bons développements des racines des végétaux.

Quand pailler ?

Le plus simple, pour l’entretien du jardin, est de pailler le sol un à deux mois après les plantations, si celui-ci, bien sûr, n’est pas trop chargé de graines d’herbe folle. Pour cela, réduisez les cuvettes d’arrosage et prenez soin de bien nivelez une dernière fois le sol.

Toutefois, attention à ne pas trop étouffer le collet des plantes, surtout toute la gamme de végétaux qui ne supportent pas l’excès d’humidité, car cela favorise leur pourrissement en période humide.

La toile de paillage ou feutre géotextile sont recommandés pour les zones paillées avec du minéral, cela évite vraiment les désherbages et aussi que le gravier ne se mélange au fil du temps à la terre.

Toutefois, il vous faudra par la suite bien évacuer, de la surface de votre paillage minéral, toutes les feuilles et matières végétales qui pourraient s’y décomposer.

Aussi, pensez, lors des plantations, quand vous découpez votre géotextile en croix à l’emplacement de votre plante, à bien replier les quatre triangles sous celui-ci, toujours dans l’idée de bien laisser le pied de la plante respirer.

Bien sûr, dans les zones du jardin avec des plantes couvre-sol, qui marcottent ou drageonnent, nous n’avons pas besoin de pailler.

Suivant la taille de votre jardin, mais surtout votre désir de vous investir dans l’entretien (plaisir/corvée), le géotextile ne sera pas nécessaire.

Réalisation des cuvettes d’arrosage au moment des plantations
Paillage minéral dans un esprit garrigue

5. Petit récapitulatif pour le planning, du terrassement jusqu’aux plantations

  1. Etape 1

    J’organise mon terrassement plutôt au printemps, quand mon sol n’est ni trop humide ni trop sec.

  2. Etape 2

    Puis je gère mes constructions en période plus sèche, de juin à mi-septembre.

  3. Etape 3

    Je plante mi-septembre, période idéale, puis fin novembre pour les végétaux à racines nues et fin mars pour les couvre-sol.

  4. Etape 4

    Je paille mon sol mi-novembre, ou après avoir planté mes végétaux à racines nues. Je suis vigilant par rapport aux herbes indésirables qui pousseraient dans mes paillages, surtout la première année de plantation. Je les enlève régulièrement, après une pluie par exemple, et cela me permet d’apprécier la croissance et la santé de mes plantes.

6. Les 5 principes de base pour réussir son jardin sans arrosage

Les 5 principes du jardin méditerranéen

  • 1. Analyser son sol

    J’analyse bien mon sol, s’il est calcaire, neutre, acide, argileux, drainant, etc., et je le rends bien drainant si besoin.

  • 2. Sélectionner les bons végétaux

    Je sélectionne des végétaux capables de résister à la durée de sécheresse de mon secteur climatique. Attention aussi aux températures négatives hivernales. J’achète les végétaux et je choisis des petits conditionnements et, si possible, des pots anti-chignon, afin d’avoir un enracinement dans les meilleures conditions.

  • 3. Planter au bon moment

    Je plante au meilleur moment, en fin d’été ou à l’arrivée des premières pluies début d’automne, sauf les végétaux à racines nues que l’on plante fin novembre.

  • 4. Arroser intelligemment la première année

    J’arrose le premier été ces végétaux avec un rythme espacé, cela peut être toutes les trois semaines, mais très copieusement, pour toujours détremper la zone où les racines ne sont pas encore arrivées.

  • 5. Pailler

    Je paille mes végétaux avant l’été avec du minéral (gravier) ou du végétal (broyat). Attention à laisser le collet des plantes un peu dégagé, surtout pour les végétaux qui ne supportent pas du tout l’excès d’humidité (lavandin, asphodéline…).

Vous avez loupé le meilleur moment des plantations, qui est la fin de l’été ? L’autre possibilité est de planter à la sortie de l’hiver, mais vos végétaux auront un enracinement moindre avant les chaleurs et ils auront besoin de plus d’arrosages.

Conclusion

Une étude bien pensée, un plan précis, un planning des aménagements bien orchestrés sont les bases d’un jardin réussi.

En espérant que ces conseils puissent vous éclairer, je vous souhaite beaucoup de plaisir à réaliser votre jardin.

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Mes ouvrages

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    Un jardin sans arrosage

    Je présente dans ce deuxième livre, 20 nouveaux projets de jardins, esthétiques, économes en eau et faciles à entretenir. Les photos avant et après, les plans, les aménagements, les plantes et les conseils pratiques permettront au lecteur de transformer ou de créer leur propre jardin « sans arrosage ». Vous découvrirez plus d’une centaine de variétés de végétaux différentes du premier livre, pour vous inspirer …

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    Créer un jardin de style méditerranéen sans arrosage

    Jean-Jacques Derboux présente dans ce livre 20 jardins récents qui ne demandent pas d’eau, ou très peu, et n’exigent qu’un entretien réduit. Sa grande connaissance des végétaux méditerranéens et sa créativité permettent à ce paysagiste passionné de concevoir, depuis plus de 35 ans, de beaux jardins écologiques et faciles à vivre.

Bibliographie

Livres

Pour un jardin sans arrosage

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Guide pour Bulbes méditerranéens

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Créer son jardin résilient

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Jardins visionnaires

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Le Jardin ensauvagé

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La méditerranée dans votre jardin

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